Anvers et le Japon

Un regard mutuel

La fascination d’Anvers pour le Japon ne date pas d’hier. À la fin du dix-neuvième siècle, la ville comptait déjà des adeptes de l’art et de l’art visuel japonais. Ceux-ci constituaient souvent d’impressionnantes collections d’œuvres japonaises. Réciproquement, Anvers n’est pas étrangère aux Japonais : « A Dog of Flanders », l’histoire du jeune fermier anversois Nello et de son chien Patrasche, y est très populaire.

Les neuf réflexions

À la fin du dix-neuvième siècle, des collectionneurs anversois comme le poète et collectionneur pionnier Max Elskamp (1862-1931) ont constitué d’impressionnantes collections d’objets et d’œuvres d’art japonais. Au début des années 1890, Elskamp acheta ainsi une série de tableaux bouddhiques séculaires, les « Neuf réflexions sur l’impureté du corps ». C’est désormais une pièce maîtresse de la collection japonaise du MAS.

Ces tableaux de petite taille mais très frappants et les vers qui les accompagnent guidaient la méditation des moines. Nous y voyons le corps d’une jeune femme noble se décomposer progressivement jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. La série souligne ainsi l’impermanence de la chair et la pérennité de l’âme. La série originale est l’une des pièces maîtresses de la collection japonaise du MAS. Après une longue absence, elle sera à nouveau présentée au public dans le cadre de « Cool Japan ». Au bout de trois mois, les peintures seront remplacées par des reproductions afin de préserver leurs couleurs fragiles.

Nello et Patrasche

Réciproquement, le Japon était également fasciné par la ville d'Anvers – et surtout par l’histoire de Nello et Patrasche, basée sur le roman du 19e siècle « A Dog of Flanders ». L’histoire émouvante de l’orphelin Nello et de son chien Patrasche, qui se déroule à Anvers, est très connue au Japon grâce à la série animée sortie en 1975.